Arcades des Arts
Le Pont de la Machine,
une page de l’histoire genevoise

Cet ouvrage d’art, l’un des premiers ponts de structure métallique réalisés à Genève, semblait être prédestiné à accueillir les Arcades des Arts. Il incarne le point de convergence entre le passé et le futur de la cité des savoir-faire.

L’histoire de ce vestige de l’ère industrielle est intimement liée à celle de la pompe hydraulique qui lui a donné son nom.

Au début du XVIIIe siècle, recevoir de l’eau chez soi à Genève était un luxe. Un luxe rendu possible grâce à la « machine Abeille », construite en 1708 par l’ingénieur breton Joseph Abeille. Elle est restée en service jusqu’en 1843, lorsque le Conseil d’Etat a décidé de la remplacer par une machine hydraulique moderne. Un pont piéton en bois, reliant les deux rives, fut érigé cette année-là, remplacé en 1887 par un pont en fer, l’actuel Pont de la Machine.


Il est naturel que les Arcades des Arts aient choisi de s’installer ici, sur cet ouvrage d’art restauré grâce à des savoir-faire traditionnels devenus rares. Le Pont de la Machine est situé au cœur même de la Genève industrieuse d’autrefois, là où les Métiers d’art les plus précieux se sont développés.


Genève et les Métiers d’art

Durant le siècle des Lumières, Genève fut extrêmement prospère. Son économie reposait sur trois piliers : « La Fabrique », l’industrie textile et les banques.

La Cité de Calvin était renommée pour la qualité de sa «Fabrique» qui regroupait les métiers de l’horlogerie, de la bijouterie et de l’orfèvrerie en divers ateliers situés, pour la plupart, sur la Rive droite. Ce secteur était suivi de près par l’industrie textile et plus précisément par la fabrication des indiennes, ces tissus de coton peints ou imprimés apparus en Europe dès le XVIe siècle. Les manufactures étaient implantées quasiment en face du Pont de la Machine, à l’endroit où se situe aujourd’hui le Four Seasons Hôtel des Bergues.

La fabrication et la commercialisation des produits horlogers et des indiennes ont dégagé des bénéfices considérables qui ont été investis dans des banques, le troisième secteur d’importance sur lequel repose l’économie de Genève. Dans le courant du XVIIIe siècle, Genève était l’une des premières places financières du continent.

Le Pont de la Machine a toujours été le témoin de l’évolution des savoir-faire dans la Cité de Calvin. C’est un espace entre deux rives, entre deux temps. Les Arcades des Arts font désormais partie de son destin.